Aujourd’hui, il y a plusieurs traces de l’évolution de notre rapport avec les technologies. Il n’y a pas si longtemps encore, nous « allions » sur Internet, verbe d’action portant l’écho de notre déplacement vers l’ordinateur de bureau pour s’y connecter. Maintenant, nombreux sont ceux qui transportent une petite boîte Web dans leur poche. Que ce soit pour un usage personnel, commercial ou industriel : bienvenue dans l’ère du mobile!
Innovations industrielle et commerciale
En parallèle aux innovations technologiques plus communes (ordinateur, portable, etc.), les secteurs industriels et commerciaux ont aussi profité de l’avancée desdites technologies. Divers appareils nichés, comme les lecteurs de code à barres, furent utilisés pour maintenir les inventaires, facturer les clients, gérer la livraison ainsi que les flux d’entreprises.
Aussi, il y eut les plateformes informatiques génériques. Celles-ci étaient semblables aux ordinateurs de bureaux ou portatifs, mais de qualité supérieure afin de les prémunir contre les environnements hostiles où elles étaient utilisées.
Et tout comme il y a eu un grade spécial d’ordinateur en milieu commercial ou industriel, l’apparition d’une gamme de produits spécialisés pour les appareils de la grosseur de notre paume se fit sur le marché. Regardez cette comparaison d’appareils à usage personnel ou industriel :
L’appareil industriel est fait pour résister aux chocs, à l’eau, aux solvants, à la poussière, aux écarts de température et à la pression. Il est aussi conçu pour supporter beaucoup d’autres technologies propices à son contexte : batteries interchangeables comme sur les équipements de menuiserie, lecteur à code-barres, capteur RFID, imprimante intégrée, etc. Ceci étant dit, bien que le médium physique ait évolué, nous sommes présentement devant un creux de vague quant aux logiciels qui fonctionnent à partir de ce genre de plateforme. La majorité des appareils fonctionnent sous Microsoft Windows CE ou Microsoft Pocket PC. Bien qu’il s’agisse de plateformes stables et qu’elles aient évolué avec le temps, les bases de la technologie logicielle datent de plus de 10 ans et manquent de standards d’un appareil à l’autre. Par exemple, ce n’est pas toujours le même code qui doit être développé pour aller chercher des coordonnées GPS, ce qui multiplie les développements sur plusieurs plateformes avec le même système d’exploitation, tout comme les accès aux interfaces à touches multiples qui font parfois défaut. Nous sommes bien loin de l’esthétique des iPhone, Android et Windows Phone de ce jour. Il y a présentement un vide à combler pour les systèmes d’exploitation industriels et leur plateforme de développement. Le marché est donc en attente de son prochain champion!
Un riche écosystème
Aujourd’hui, plusieurs appareils mobiles sur le marché sont voués à diverses tâches. On peut même pressentir que de nombreuses fonctions, qui étaient réservées aux ordinateurs de bureau, sont désormais accessibles sur mobile : naviguer sur Internet, suivre une conversation entre amis, tenir un budget, retoucher des photos, jouer à des jeux 3D, etc. Imaginez, beaucoup d’innovations sont encore à venir!
Technologies
Donner une liste exhaustive des appareils en présentant les caractéristiques clés serait un tout autre article, mais notons tout de même ces quelques ensembles suivants :
En somme, il y a encore beaucoup de combinaisons possibles et aucun champion pour l’instant ne saurait comment s'y prendre pour les unifier toutes sous un seul et même modèle. C’est pourquoi il est judicieux de faire une bonne analyse avant de commencer un projet en mobilité. Besoins, contextes d’utilisations, statistiques régionales, coûts d’acquisitions, actifs technologiques des parties prenantes et pérennité sont autant de variables à prendre en considération avant de commencer tous développements.
Le futur : l'informatique ubiquitaire
J’ose émettre une hypothèse. Depuis le début de l’ère informatique mobile, nous observons deux phénomènes en apparence disjoints, mais dont la corrélation pourrait nous en apprendre davantage sur notre futur technologique et humain.
(1) La taille des appareils diminue en même temps que (2) nous en faisons un usage de plus en plus personnel.
Ceci dit, alors que les appareils informatiques se rapetissent au point de devenir invisibles à nos yeux, il n’en est pas de même pour nous tous. Déjà, pour perdre ces fameuses 6 livres prises pendant les fêtes, j’en ai pour quelques semaines… Alors, imaginez ceci : nous gardons sensiblement notre taille et notre poids à travers les saisons, mais d’année en année, les appareils mobiles rapetissent toujours à un point tel que l’on ne les voit plus du tout. Absents, envolés, ils sont un peu comme de la fumée qui se dissipe dans l’air. Nous en avons tous fait l’expérience plus jeune : s’émerveiller devant la vapeur qui sort de notre bouche en hiver… Elle est très compacte au début, puis tranquillement plus translucide, pour finalement se perdre dans l’éther. Et si l’on s’amusait avec notre ami à réaliser des cheminées à partir de nos bouches en revenant de l’école? Après coup, on ne s’étonne pas que l’air que l’on a respiré passe par les poumons d’un autre!
Voici donc ce que c’est l’informatique ubiquitaire : c’est de la vapeur. Partout à la fois, sans qu’on puisse la tenir dans nos mains, elle est, de plus, partagée avec plusieurs. Des fois, on la remarque davantage, tandis que d’autres fois, elle est complètement absorbée dans l’environnement. On parle de divers capteurs dissimulés un peu partout : des microphones, des caméras, des senseurs infrarouges, etc., ainsi que des outils pour consulter : haut-parleur, téléviseur ou écran, téléphone, etc. En somme, la technologie qui s’adapte à nous nous offre une expérience riche et contextualisée.
D’ailleurs, Bill Buxton aime bien montrer cette image en disant : « Hé! Voici mon téléphone! » Grâce à Windows Embedded Automative, lorsqu’un automobiliste possède un téléphone intelligent, la voiture peut prendre le contrôle de celui-ci et en gérer les appels, la musique, la navigation et même les messages textes! En quelque sorte, l’utilisateur interagit avec la voiture qui elle-même interagit avec l’utilisateur. On pourrait entrevoir un futur où si elle remarque que l’on s’ennuie, la voiture nous fera même de petites blagues, ou nous aidera à rester éveillés!
Il y a déjà de très beaux projets de recherche sur le sujet, notamment menés par le laboratoire Domus de l’Université de Sherbrooke (UdeS) : une équipe chevronnée de chercheurs en informatique de partenaires du domaine médical et une armada de systèmes électroniques dans un petit appartement. Pour vous donner une idée des projets réalisés, consultez la vidéo DOMUS Lab.
J’y ai d’ailleurs contribué lors de mon passage à l’UdeS via un projet de prototypage, supervisé par M. Sylvain Giroux, qui permettait à des gens schizophrènes de conserver plus de liberté en étant assistés par un appareil mobile de type iPaq fonctionnant avec Windows CE. Le logiciel contribuait à la supervision clinique de la prise de médicaments, à l’alerte de parcours erratiques ainsi qu’à la communication avec les professionnels soignants.

Projet de prototypage - Université de Sherbrooke
Et vous, vous trouvez futuristes ces maisons qui nous regardent pour interagir avec nous? Pour ma part, c’est bien certain que sans avoir joué à la Kinect pour XBOX en famille ce Noël, j’aurais sans doute pris plus de poids.
Et vous, que pensez-vous de cette révolution? Nous vous invitons à nous faire parvenir vos commentaires ou, encore, à nous contacter directement!